À vingt minutes de la rive est de Louxor, le désert cède la place au vert : des feuilles de bananier envahissant un chemin de terre, l’odeur du fleuve séchant sur la peau, un fermier levant la main en signe de salut de l’autre côté d’un canal d’irrigation. C’est l’Île de la Banane (Geziret el-Mozh) — et elle n’a presque rien en commun avec les temples que la plupart des visiteurs sont venus voir à Louxor.
C’est bien là tout l’intérêt. Après quelques jours passés parmi les colonnes de pierre et les bus de tourisme bondés, une lente traversée en bateau vers une bananeraie en activité offre une matinée résolument différente. Voici à quoi s’attendre, ce que cela coûte, et si le détour en vaut la peine.
Où se trouve l’Île de la Banane, et comment s’y rendre ?
L’Île de la Banane se situe sur le Nil, juste au sud du centre de Louxor, et le bateau est le seul moyen d’y accéder — il n’existe ni pont ni route. Des capitaines attendent le long de la Corniche, la promenade qui longe le fleuve à Louxor, proposant une felouque ou un bateau à moteur plus rapide. La felouque est le meilleur choix si vous avez le temps devant vous — plus calme, plus authentique, et particulièrement recommandée au coucher du soleil ; le bateau à moteur vous y emmène en quelques minutes si le temps vous manque. Pour en savoir plus sur ce qu’est réellement une balade en felouque, consultez notre guide des balades en felouque sur le Nil.
Dans tous les cas, prévoyez de négocier. La location indépendante d’une felouque le long de la Corniche coûte généralement entre 200 et 500 livres égyptiennes de l’heure, tandis que les forfaits proposés par les agences incluant l’Île de la Banane tournent plutôt autour de 30 à 70 dollars par personne. Convenez d’un prix total pour le bateau — et non d’un tarif par personne — avant d’embarquer, et ne payez qu’une fois de retour à terre. Pour en savoir plus sur les usages en matière de location de bateau sur la Corniche, consultez notre guide pour se déplacer à Louxor.
Les prix ci-dessus sont indicatifs et varient selon la saison et le taux de change de la livre égyptienne — confirmez toujours le tarif avec votre capitaine ou votre agence avant de réserver.
À quoi s’attendre sur l’île
Dès que vous accostez, le changement est immédiat. Des bananiers bordent les chemins et fournissent la majeure partie de l’ombre ; manguiers, goyaviers et palmiers dattiers comblent les espaces restants, tous nourris par le limon fertile du Nil. On se sent moins dans une attraction touristique que dans une véritable ferme en activité — car c’est en grande partie ce que c’est : des agriculteurs entretiennent leurs champs, des ânes transportent des charges le long des sentiers, et des buffles d’eau paissent sans grand intérêt pour les visiteurs.
La plupart des visites incluent des bananes fraîches cueillies directement sur l’arbre — plus petites et nettement plus sucrées que celles que l’on trouve en supermarché — ainsi que du thé à la menthe ou du jus de canne à sucre vendus près du débarcadère.
Deux détails que la plupart des excursions d’une journée négligent : l’ancien pigeonnier de l’île, une structure en briques de terre crue toujours utilisée à la même fin depuis des générations, et une noria traditionnelle (saqia) encore parfois actionnée à la main ou par un âne pour amener l’eau du fleuve jusqu’aux champs. Les deux valent le détour — ils offrent un aperçu plus direct du fonctionnement réel de l’île que les seuls chemins de la plantation.
Une remarque honnête : certains visiteurs ont signalé la présence de petits enclos d’animaux ailleurs sur l’île (crocodiles et singes notamment), et les avis sont partagés quant à leur entretien. Si cela vous préoccupe, demandez à votre capitaine ce qui est inclus avant de vous engager pour une visite complète de l’île — une simple balade en felouque, sans escale sur l’île, reste également une option.
Les incontournables
- Choisissez le coucher du soleil. La lumière dorée sur l’eau pendant la traversée est la raison la plus souvent citée pour s’y rendre.
- Flânez sur les chemins de la plantation. Des sentiers de terre étroits et ombragés, parfaits pour une marche tranquille de 20 à 30 minutes.
- Observez les berges. Hérons et aigrettes sont fréquemment aperçus le long du Nil ici.
- Goûtez ce qui pousse sur place. Bananes cueillies sur l’arbre, jus de canne à sucre et produits de saison vendus par les habitants de l’île.
- Achetez directement auprès des familles de l’île. Certaines vendent des objets artisanaux et des confitures — l’argent reste sur place. Pour d’autres idées de souvenirs à Louxor, consultez notre guide des souvenirs.
Meilleure période pour visiter l’Île de la Banane (et durée conseillée)
D’octobre à avril est la période la plus agréable pour cette excursion, avec des températures suffisamment douces pour combiner marche et navigation dans la même après-midi. Le coucher du soleil reste le moment fort quelle que soit la saison — la lumière sur l’eau et sur la plantation mérite qu’on organise sa visite en fonction.
Pour une visite entre mai et septembre, privilégiez tôt le matin ou fin d’après-midi ; la chaleur de la mi-journée est assez intense pour écourter une balade dans la plantation. La plupart des visites, trajet en bateau compris, durent de deux à trois heures au total, ce qui fait de l’Île de la Banane une excellente activité de demi-journée plutôt qu’une sortie complète.
Organiser votre visite
Coût et réservation
Prévoyez soit un tarif de bateau négocié (location directe sur la Corniche), soit un prix par personne (si l’excursion est incluse dans un forfait plus large). Certains forfaits incluent aussi un petit droit d’entrée séparé pour l’île — à vérifier lors de la réservation, car il n’est pas toujours détaillé./p>
Que prendre avec vous
Des billets égyptiens de faible valeur pour le bateau, les fruits et les pourboires, ainsi que de l’eau — surtout en dehors des mois les plus frais. Les chemins sont poussiéreux et accidentés : préférez des chaussures fermées et confortables aux sandales.
Accessibilité
Les chemins sont en terre non pavée et peuvent être irréguliers, ce qui rend cette étape difficile pour les personnes en fauteuil roulant, les poussettes ou toute personne à mobilité réduite.
Photographie
Nous n’avons connaissance d’aucune restriction formelle concernant la photographie de loisir ici, mais comme ailleurs dans l’Égypte rurale, demandez la permission avant de photographier des personnes, leurs maisons ou leurs familles, et habillez-vous de façon modeste.
L’Île de la Banane vaut-elle le détour ?
Cela vaut le détour si vous recherchez :
- Une pause tranquille loin des temples et des musées
- Un aperçu concret de la vie rurale et agricole en Égypte
- Une belle navigation sur le Nil, idéalement au coucher du soleil
- Une sortie simple et familiale, avec fruits frais et grands espaces
Peut-être à éviter si vous recherchez :
- De grands monuments historiques ou des ruines
- Une activité occupant une journée entière
- Une certitude quant aux normes de bien-être animal, étant donné les avis partagés
En résumé
L’Île de la Banane ne rivalisera pas avec Karnak ou la Vallée des Rois, et ce n’est pas son ambition. Ce sont vingt minutes tranquilles sur l’eau, une promenade au cœur d’une véritable récolte de bananes, et un thé pris les pieds encore un peu mouillés de la traversée. Associez-la à une matinée sur la Rive Ouest ou à une visite du Temple de Louxor pour clore en douceur une journée de visites intenses — c’est là qu’elle trouve toute sa place dans l’itinéraire. C’est l’un des nombreux trésors cachés de Louxor qui méritent qu’on leur consacre du temps.