22 Cercueils Peints des « Chanteuses d’Amon » Découverts à Louxor | Découverte & Signification

22 Cercueils Peints des « Chanteuses d’Amon » Découverts à Louxor

Un extraordinaire ensemble de cercueils en bois peints, de papyri scellés et de vases en poterie éclaire d’un jour nouveau les femmes qui exécutaient la musique sacrée au temple de Karnak.

Les cercueils peints des Chanteuses d’Amon, découverts dans la nécropole d’Asasif. Photo : Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités

Au début de l’année 2026, des archéologues égyptiens ont réalisé une découverte majeure sur la rive ouest de Louxor. Le ministère du Tourisme et des Antiquités a annoncé la mise au jour de 22 cercueils en bois colorés et de huit papyri scellés à l’intérieur d’une grande jarre en céramique. Les responsables ont qualifié les papyri de « mine d’informations », et ce serait même un euphémisme.

Ce Qui a Été Trouvé — et Où

La découverte a eu lieu dans l’angle sud-ouest de la Tombe de Seneb, dans la nécropole d’El-Asasif à Louxor. Ce site a servi de lieu de sépulture pour des prêtres, des fonctionnaires et du personnel des temples pendant des siècles. L’équipe de fouilles est composée du Conseil suprême des antiquités d’Égypte et de la Fondation Zahi Hawass pour l’archéologie et le patrimoine.

Les chercheurs ont découvert les 22 cercueils disposés en dix rangées à l’intérieur d’une chambre taillée dans le roc. Les anciens embaumeurs avaient séparé les couvercles des cercueils afin de loger le plus grand nombre possible d’inhumations dans l’espace disponible. Aux côtés des cercueils, l’équipe a découvert : 22 cercueils en bois peints, chacun contenant une momie ; 8 papyri scellés de différentes tailles dans un récipient en céramique ; et des vases en poterie supposément utilisés pour l’embaumement.

La plupart des cercueils ne portent pas de noms. Ils répètent plutôt le titre « Chanteuse d’Amon », ce qui suggère que ces cercueils appartenaient à des femmes partageant ce rôle religieux important.

Qui Étaient les Chanteuses d’Amon ?

Les « Chanteuses d’Amon » étaient des femmes employées pour exécuter de la musique sacrée et des rituels au temple de Karnak, un grand site religieux de Thèbes. Elles jouaient un rôle important dans les fêtes et les cérémonies, et utilisaient des instruments comme le sistre et le ménat lors du culte. Leur musique n’était pas une simple parure ; c’était un moyen de plaire aux dieux et de maintenir l’ordre. Ces femmes étaient essentielles à la vie du temple. Elles occupaient des fonctions officielles et contrôlaient des terres et un pouvoir considérables en Haute-Égypte. Beaucoup venaient de familles aisées liées au sacerdoce, et leur présence dans un lieu de sépulture aussi éminent que l’Asasif témoigne de leur statut. Cette découverte est unique non seulement en raison du nombre d’inhumations, mais aussi parce qu’elle est centrée sur un seul titre professionnel. Les chercheurs estiment que cette trouvaille peut nous aider à mieux comprendre les rôles joués par les femmes dans l’Égypte ancienne au sein des temples, et la façon dont elles ont façonné leur identité et leurs pratiques funéraires.

Leur Monde : La Troisième Période Intermédiaire d’Égypte

Les cercueils proviennent de la Troisième Période Intermédiaire de l’Égypte (vers 1070-664 av. J.-C.), qui comprend les dynasties 21 à 25. Cette période n’attire pas autant l’attention que le Nouvel Empire ou l’ère des pyramides, mais elle est importante.

Cette ère débuta après la mort de Ramsès XI et marqua la fin du Nouvel Empire. Le pouvoir se fragmenta. Les centres du nord, comme Tanis, gagnèrent en influence, tandis que Thèbes, au sud, était contrôlée par le puissant sacerdoce d’Amon. Des dynasties étrangères finirent par gouverner l’Égypte. Malgré cela, les institutions religieuses de Karnak continuèrent à prospérer et à renforcer leur pouvoir, maintenant leurs équipes de chanteuses et de chantresses.

La façon dont ces cercueils ont été ensevelis correspond bien à cette période. Les pratiques funéraires de l’époque accordaient une plus grande importance à l’identité collective liée aux rôles dans la société, plutôt qu’au seul statut personnel. Être enterrée en tant que Chanteuse d’Amon avait autant de signification qu’être enterrée sous son propre nom.

Les Papyri Scellés : La Découverte dans la Découverte

Bien que les cercueils attirent le plus d’attention, les papyri pourraient bien être le véritable joyau de la découverte. Huit rouleaux de différentes tailles ont été trouvés dans une seule jarre en céramique, certains scellés à la cire et intacts depuis près de 3 000 ans. Ce qu’ils contiennent reste inconnu. Les spécialistes pensent qu’ils pourraient inclure :

  • Des hymnes et des textes religieux pour les cérémonies du temple
  • Des archives administratives relatives au personnel du temple
  • Des textes funéraires tels que des incantations, des prières ou des versions personnelles de passages du Livre des Morts
  • Des détails biographiques susceptibles d’aider à identifier les personnes enterrées dans ces cercueils anonymes

La conservation et la traduction prendront du temps, mais les résultats pourraient être significatifs. Si les papyri expliquent pourquoi autant de Chanteuses d’Amon ont été enterrées ensemble, ils pourraient modifier notre compréhension de l’identité religieuse en cette période politiquement instable de l’Égypte ancienne.

La Suite des Événements

Les conservateurs ont commencé des travaux urgents de stabilisation. Le plâtre peint et le bois ancien peuvent se détériorer rapidement lorsqu’ils sont exposés à l’air, c’est pourquoi l’équipe renforce les zones fragiles, préserve les couches de peinture et procède à un nettoyage minutieux tout en maintenant les couleurs d’origine intactes. Chaque pièce a été entièrement photographiée et documentée avant d’être mise en réserve.

Parallèlement, les chercheurs recherchent les tombes d’origine dont pourraient provenir ces cercueils. Cette cache semble avoir été un lieu de repos secondaire, et non le premier lieu de sépulture de ces femmes.

Une Chambre Pleine de Voix, Qui Attendent Encore d’Être Entendues

Il y a trois mille ans, un groupe de femmes chantait pour les dieux dans le grand temple de Karnak. Nous ne connaissons pas leurs noms ni ce que leur musique pouvait ressembler, mais nous connaissons leurs titres, leur statut et l’endroit où elles ont été mises au repos — disposées en rangées soigneuses dans l’obscurité sous le désert de Louxor, accompagnées de huit rouleaux scellés qui pourraient tout révéler.

À mesure que la traduction et l’analyse commencent, cette cache pourrait offrir un aperçu significatif de la vie religieuse des femmes dans le monde antique. Le chœur est silencieux depuis de nombreuses années. Bientôt, il pourrait enfin trouver une voix.

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Rédigé par

L’équipe éditoriale d’Explore Luxor

Un collectif de rédacteurs de voyage, d’historiens et d’experts locaux basés à Louxor, dédiés au partage d’histoires authentiques du cœur de l’Égypte.

Questions Fréquemment Posées

Qui étaient les « Chanteuses d’Amon » ?

C’étaient des femmes qui exécutaient de la musique sacrée et des rituels au temple de Karnak. Jouant d’instruments tels que le sistre et le ménat, leur rôle était vital pour les cérémonies du temple et elles provenaient souvent de familles sacerdotales influentes.

Combien de cercueils ont été découverts ?

Vingt-deux cercueils en bois peints ont été trouvés disposés en dix rangées à l’intérieur d’une chambre taillée dans le roc, chacun contenant une momie.

Qu’a-t-on trouvé aux côtés des cercueils ?

Huit papyri scellés dans une jarre en céramique et plusieurs vases en poterie, probablement utilisés lors de la momification, ont été découverts dans le même dépôt funéraire.

À quelle période appartiennent les cercueils ?

Ils datent de la Troisième Période Intermédiaire (v. 1070-664 av. J.-C.), une époque de division politique où le sacerdoce d’Amon exerçait une grande influence à Thèbes.

Que va-t-il advenir des papyri ?

Les conservateurs stabilisent les rouleaux fragiles, qui seront ensuite soigneusement traduits. Les textes pourraient contenir des hymnes, des archives administratives, des formules funéraires, ou même des détails biographiques sur les femmes enterrées ici.