Le 14 mai 2026, le ministre égyptien du Tourisme et des Antiquités a officiellement ouvert au public deux tombeaux du Nouvel Empire récemment restaurés : TT416, appartenant à Amenhotep Rebiu (également orthographié Rabouya), et TT417, appartenant à son fils Samut. Cet événement marque l’aboutissement d’un parcours de onze ans qui a débuté par une découverte en 2015 et a donné lieu à certains des travaux de conservation les plus minutieux jamais réalisés sur la rive ouest thébaine.
Qui étaient Amenhotep Rebiu et Samut ?
Amenhotep Rebiu a vécu sous les règnes de Thoutmosis III (ouvre dans un nouvel onglet) et de Thoutmosis IV (ouvre dans un nouvel onglet), entre environ 1481 et 1389 av. J.-C. Cette période est connue pour ses grandes réalisations artistiques et sa puissance dans l’Égypte ancienne. Son fils, Samut, a suivi les traces de son père, tant dans la vie que dans la mort. Leurs tombeaux sont situés côte à côte à El‑Khokha, dans la nécropole antique sur la rive ouest de Louxor.
Ce qui rend ce duo père-fils particulièrement intéressant est un mélange surprenant. Leurs titres officiels semblent assez modestes selon les standards de l’Égypte ancienne. Pourtant, les deux tombeaux présentent de superbes peintures murales témoignant d’une habileté et d’une qualité extraordinaires. Selon le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, cet art compte parmi les plus beaux de l’Égypte ancienne. Ce n’étaient ni des pharaons, ni des grands prêtres, ni des vizirs. C’étaient des hommes de bonne condition qui ont réussi, d’une façon ou d’une autre, à commander des œuvres rivalisantes avec les plus beaux tombeaux royaux de la vallée.
Une décennie de restauration : ce que cela a demandé
Les tombeaux ont été découverts lors de fouilles en 2015, mais la découverte n’est que le début. Ce qui attendait les archéologues, c’était des siècles de gravats accumulés, des plâtres endommagés, des pigments fragiles et des fissures structurelles menaçant l’intégrité même des parois.
Le projet de restauration qui a suivi a couvert tous les aspects de la conservation :
- Renforcement structurel — les fissures ont été comblées et la structure architecturale des deux tombeaux a été stabilisée.
- Conservation de surface — la peinture décollée et écaillée a été consolidée, les couleurs ont été nettoyées, renforcées et protégées.
- Déblaiement des décombres — les gravats et sédiments accumulés au fil des siècles ont été soigneusement retirés.
- Infrastructure pour les visiteurs — des passerelles en bois, des escaliers en pierre, un éclairage moderne, des aires de repos ombragées et des panneaux d’information bilingues en arabe et en anglais ont été installés.
Lors de la cérémonie d’inauguration, les restaurateurs eux-mêmes ont été honorés par des certificats de reconnaissance — une reconnaissance rare et méritée pour ceux qui passent des années sur des échafaudages avec de fins pinceaux et qui font autant partie de l’histoire que l’art qu’ils sauvent.
À l’intérieur des tombeaux : ce que vous verrez
TT416 et TT417 présentent un plan en forme de T typique, commun dans les tombeaux privés de la XVIIIe dynastie. Chaque tombeau comprend un large vestibule menant à un long couloir rectiligne. Le vestibule représente la vie du défunt, tandis que le couloir est consacré à la mort et à l’au-delà. Cette conception reflète la croyance que la vie et la mort sont liées.
Les deux tombeaux ont également été réutilisés à la Basse Époque (664–332 av. J.-C.), lorsque des occupants plus tardifs ont ajouté des pièces supplémentaires et des puits funéraires. Visiter ces tombeaux aujourd’hui, c’est explorer deux périodes différentes de l’histoire égyptienne superposées l’une à l’autre.
Tombeau d’Amenhotep Rebiu (TT416)
Le vestibule horizontal offre un tableau vivant de la vie quotidienne sous le Nouvel Empire. On y voit des scènes agricoles, comme la récolte et le stockage du grain, ainsi que la fabrication du pain, la poterie et de grands banquets où les invités profitent de nourriture et de musique. Une fausse porte et une partie d’un texte autobiographique y figurent également.
Dans le couloir intérieur, la scène change complètement. Elle représente le cortège funèbre d’Amenhotep et le rituel de l’« Ouverture de la bouche ». Ce rituel était accompli pour aider le défunt à recouvrer ses sens pour l’au-delà. Une scène qui retient l’attention des égyptologues montre le défunt faisant une offrande à Renénoutet, la déesse de la fertilité et de la moisson, représentée allaitant un enfant royal. Cette image est assez rare et est considérée comme un point fort de l’art religieux de la XVIIIe dynastie.
Tombeau de Samut (TT417)
Le tombeau de Samut n’a jamais été achevé, et cet état inachevé ajoute son propre mystère. Nous ignorons pourquoi les travaux se sont arrêtés. Était-ce dû à une maladie, un manque d’argent ou une mort inattendue ? Les raisons restent obscures. Cependant, ce qui est achevé est impressionnant. Les parties terminées montrent des scènes de banquets somptueux et une fausse porte, le tout exécuté avec le même talent que dans le tombeau voisin de son père. Pour les chercheurs, les tombeaux inachevés peuvent fournir de précieuses informations. Les esquisses visibles et les contours peints révèlent la façon dont les artistes anciens travaillaient, d’une manière que les parois finies ne permettent pas.
Guide pratique pour visiter TT416 et TT417
Emplacement : Nécropole d’El‑Khokha, rive ouest du Nil, Louxor, Égypte
Meilleur moment pour visiter : Tôt le matin (7h–9h) pour des températures plus fraîches et moins de foule. D’octobre à avril pour un climat global plus agréable.
Comment s’y rendre : Prendre le bac local depuis la rive est de Louxor vers la rive ouest. Depuis le débarcadère, louer un taxi local, un vélo ou une calèche jusqu’à El‑Khokha.
Ce à quoi s’attendre sur place : Nouvelles passerelles en bois et escaliers en pierre pour une navigation sûre ; éclairage moderne dans les deux tombeaux ; panneaux d’information bilingues (arabe/anglais) et brochure imprimée pour les visiteurs ; aires assises ombragées à l’extérieur des entrées des tombeaux.
À combiner avec : Les tombeaux des nobles voisins (des dizaines de tombeaux non royaux de toute l’histoire égyptienne), Médinet Habou (ouvre dans un nouvel onglet), la Vallée des Reines (ouvre dans un nouvel onglet) et Deir el‑Bahari (ouvre dans un nouvel onglet) (temple d’Hatchepsout), visible depuis la crête au-dessus d’El‑Khokha.
Pourquoi cette ouverture est importante
L’ouverture des tombeaux TT416 et TT417 revêt une grande importance pour le tourisme en Égypte. Elle s’inscrit dans un plan plus large visant à faire de Louxor et de l’Égypte les premières destinations du tourisme culturel et patrimonial. Au premier trimestre 2026, le tourisme égyptien a progressé de 15,6 %, Louxor étant au cœur de cette croissance. Le gouverneur a décrit Louxor comme une ville qui « détient encore beaucoup de ses secrets archéologiques ».
Ces deux tombeaux nous rappellent que la richesse de l’Égypte ancienne ne tenait pas uniquement aux pharaons et aux pyramides. Elle tenait aussi à la vie quotidienne des gens qui ont bâti cette civilisation. Amenhotep Rebiu et son fils Samut n’étaient pas des rois, mais ils ont laissé derrière eux des parois qui racontent des histoires dont bien d’autres trésors pourraient être jaloux.